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OPINION

Qui demande timidement, enseigne à refuser ! (1).

Le GEMTROT vient de soumettre au nouveau Ministre chargé de l’agriculture un dossier explicite et vigoureux sur les aberrations de l’actuelle règlementation de l’élevage du trotteur Français et de l’organisation de la SECF en qualité de Stud-book. Nous avons mentionné :

  • Des dispositions statutaires qui ne permettent pas d’orienter une politique conforme à l’intérêt de l’ensemble de la filière et qui sont en marge de la règlementation. L’appartenance au collège des éleveurs se perd lorsque les chevaux produits par ces derniers ne sont pas en course. Ainsi plus de la moitié des éleveurs, propriétaires de juments TF et acheteurs de saillies, n’ont pas le droit de voter ! Plus de 10 000 acteurs de la filière ne sont représentés en assemblée générale que par 50 personnes. Non seulement cet effectif est ridiculement faible mais, parmi elles, 16 sont cooptées, c'est-à-dire non élus par les acteurs qu’elles seraient sensées représenter.
  • Le refus d’appliquer les critères de sélection proposés par les scientifiques de l’INRA et des Haras Nationaux, au profit de critères peu efficaces au plan génétique et tendant à favoriser certains acteurs.
  • L’application d’une politique de réduction des effectifs de poulinières qui a pour conséquence majeure le découragement des éleveurs. Ce dispositif ne peut qu’affaiblir la filière vis-à-vis de concurrents dynamiques et ouverts.
  • L’interdiction du transport du sperme au mépris des risques sanitaires et des conséquences économiques, afin de favoriser « l’hôtellerie équine » dans le berceau de la race.
  • La fermeture du livre, interdisant l’emploi des meilleurs étalons étrangers et donc pénalisant le progrès génétique du cheptel français par rapport à nos concurrents.
  • L’allongement de l’intervalle de génération qui retarde la mise à la reproduction des juments, induisant également une pénalité génétique et un surcoût pour l’éleveur.
Il est évident que certaines de ces dispositions sont en infraction vis-à-vis de la législation concernant le statut associatif d’une part et concernant les organisations d’éleveurs chargées de l’amélioration génétique d’une race d’autre part.

Nous comptons sur l’énergie rénovatrice affichée par ce gouvernement pour reconstruire le cadre que la filière mérite.

 Quand les bœufs vont à deux, le labourage en va mieux ! (2)
La collaboration entre le GAET et le GEMTROT, afin d’obtenir une évolution favorable de la règlementation de l’élevage du Trotteur, se confirme et viens de se concrétiser. Nous avons participé à deux des réunions régionales du GAET afin de démontrer la pertinence de nos critiques relatives à la règlementation de l’élevage. La grande majorité des éleveurs présents confirme le bien fondé de nos interventions et soutient l’action qui vise à faire évoluer en ce sens la règlementation. Ces réunions ont permis de montrer que, derrière un apparent silence, se cache un refus par la base de la « loi du plus fort ». Il est apparu que seule, la mobilisation des éleveurs regroupés, pourrait avoir gain de cause.
Affaire à suivre... 

En attendant et parallèlement à cette action politique, le GEMTROT poursuit son travail technique dans le but d’améliorer les résultats de ses adhérents. Rendez-vous à la prochaine réunion technique de cet automne et dans le dernier numéro de l’année de l’AtouTrot qui sera, comme de coutume, spécialement dédié aux étalons de la monte 2008.

(1) Sénèque, 60 après J.C.
(2)
Michel Jean Sedaine, 1752.

Jacques BOULLY, le 5 octobre 2007 (publié dans l'AtouTrot  N°14 octobre 2007)


L'art de se faire tailler des croupières.

Les étonnantes prestations de JAG DE BELLOUET, incontestable champion de sa génération, ne doivent pas nous faire oublier les résultats moyens de la population TF par rapport à ses concurrents étrangers.

 Notre attention a été attirée par trois articles vus sur le site NEWSTROT.

 Le premier, daté du 25 mai, titre : Le « français » PLUTON DU GOUTIER débute victorieusement en Suède. Son auteur, Philippe BEAUDOUX, montre avec justesse que ce valeureux compétiteur est de nationalité suédoise parce que la nationalité française lui est interdite bien qu’issu du célèbre COKTAIL JET (TF) et d’une mère, JUNON DU GOUTIER (TF), gagnante à Vincennes. La tare qui justifie, aux yeux des censeurs de la race, le rejet de ce cheval est d’avoir une grand-mère paternelle et un grand-père maternel étiquetés « trotteurs